
Après des études dans la pub, Albert LOBO rentre aux Beaux-Arts de Cergy, où il touche à tout : photo, vidéo, installation, performance, écriture. Il ne renoue avec la peinture que dans les dernières années, dans un style proche de l’expressionnisme Allemand. Ce n’est qu’après avoir fini ses d’études qu’il adopte se style aux accents très classiques oscillant entre Hyperréalisme, Surréalisme, Symbolisme et Renaissance Maniériste, mais qu’il préfère qualifier d’Aprioriste, mouvement artistique dont il est encore le seul membre.
Qu’est-ce que l’apriorisme ?
D’après le Petit Larousse : " ‹Apriorisme n.m. Raisonnement fondé sur des idées a priori. ‹A priori loc. adv., adj. Inv. Et n.m. inv. (mots lat., en parlant de ce qui est avant). En se fondant sur des données admises avant toute expérience.
n.m. inv. Préjugé qui ne tient pas compte des réalités, Avoir des a priori. "
En se qualifiant d’aprioriste, Albert Lobo se situ volontairement à contre courant de l’idée de modernité, d’avant-garde, préfèrant l’arrière-garde, ne dit-il pas : " en parlant de ce qui est avant, on ne se base pas forcément "sur des données admises avant toute expérience", mais on s’appuie au contraire sur l’expérience du passé... On prend du recul avec le présent. Peut-être même réussit-on à prédire l’avenir... Je ne suis pas passéiste, encore moins réactionnaire, j’essaye à ma façon d’aller de l’avant. "
Peignant d’après photo, et à la peinture acrylique, il s’inspire de la peinture classique, de thèmes et de sujets, souvent académiques ce qui donne une impression de "remixage à l’ancienne". Quand on lui demande pourquoi d’après photo, est ce que ce n’est pas tricher ? Il répond qu’a priori une photo reproduit la réalité, que c’est unanimement convenu. Néanmoins, si la photo est au centre de sa méthode, elle reste une source d’information, une sorte de pense-bête.
Au final cela donne des nus, des portraits (il préfère parler de figures) parfois des natures mortes (à prendre au mot) qui donne la prépondérance aux mains, à leurs expressivités, alors que les visages restent plus souvent impassibles au regard tout autant tourné vers l’extérieur que vers l’intérieur. Parfois littéralement quand ils sont fermés. Énigmatique et souvent drôle, c’est une peinture qui questionne la notion d’identité et d’identification d’une façon clinique et paradoxalement sensuelle. À l’instar de Magritte qui disait : " ceci n’est pas une pipe ", Albert Lobo semble dire à travers ses tableaux, " ceci n’est peut-être pas vrai ".
A MAATGALLERY, 26 ter rue Traversière 75012 du 5 décembre 2006 au 8 janvier 2007, vernissage le 5 décembre.
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