La peinture de Gil Adamy s’engage sur des fonds libres, amples, respiratoires. Ensuite, vient le décor académique qui voudrait nous rassurer, meublé de chaises pour asseoir nos certitudes et de fauteuils pour recevoir nos doutes : une question de confiance à installer pour pouvoir discourir confortablement.
Les personnages apparaissent alors et leur mise en scène noue des situations...
Nous voilà. Oui, il s’agit de nous : de vous, de moi… de personnages devant-derrière aux croupes rondes qui nous font sourire avant de nous inquiéter, qui nous séduisent et nous emportent dans la couleur de leur mouvement pour nous interroger l’instant suivant.
Adamy nous donne à croire qu’il a confiance en l’homme face à notre société délitée et donne toute cette cohérence dans son travail. La déprise qu’il opère fixe l’oeil sur le motif et amène le spectateur-voyeur à pénétrer dans son « optique » où la fulgurance de la couleur le dispute au trait délié pour une tentative de sortie… du décor.
Cela nous donne l’occasion d’entrevoir sa vision de l’humanité : noire bien que colorée, discursive et pourtant secrète, cruelle mais dotée d’une force drôle, ce trait « actuel » voudrait dire en riant que le grave est sauvé par la vérité... à partager.
Plongeons sans apnée... le souffle ne manque pas.
A l’occasion de cette exposition, il théâtralise ici, au milieu de ses toiles, un effet visuel exceptionnel par un procédé optique innovant : un objet mis en scène flottant dans un lieu nouveau créé pour l’occasion qui apparaît tel une image 3D suspendue.
L’objet ainsi sublimé, permet de porter, seul, l’ensemble de ses valeurs et sa vision du monde.
Idée originale esthétique, elle génère par la pensée et l’imaginaire des effets perceptibles par nos sens, source d’un processus de fascination rémanent et actif dans l’esprit du spectateur.
Ses personnages « signature » sont déclinés en objets et mobilier Art-design. Paravents, fauteuils lampes, tables, consoles… accompagnent, mobiles, légers, drôles, nos espaces contemporains adaptables. Il souhaite que ses personnages sortent du cadre de la peinture pour s’exprimer au quotidien.
Adamy est dans nos vies.
Extrait du texte «Regards écrits» de Michelle Marquis A MAATGALLERY, 26 ter rue Traversière 75012
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